« Je n’ai jamais dit ça. » « Ce n’est pas de ma faute. » « Vous avez dû mal comprendre. » Trois petites phrases, prononcées avec un aplomb désarmant, et vous voilà soudain à douter de votre propre mémoire. Face à une personne de mauvaise foi, la discussion la plus simple peut vite tourner au dialogue de sourds, voire au bras de fer.

Le réflexe naturel ? Hausser le ton, sortir les preuves, vouloir à tout prix avoir le dernier mot. Sauf que c’est souvent exactement ce qui fait déraper l’échange.

Mais heureusement, la mauvaise foi se désamorce. Encore faut-il savoir la reconnaître, comprendre ce qui se cache derrière et adopter la bonne posture pour ramener la conversation sur le terrain des faits. Découvrez en détail nos conseils pour gérer cette attitude avec calme. 

Qu’est-ce que la mauvaise foi ?

La mauvaise foi consiste à défendre une position en sachant qu’elle est fausse ou incomplète : nier l’évidence, déformer les faits, changer d’argument ou refuser toute responsabilité. Elle sert souvent à éviter un reproche, à garder le contrôle d’une situation ou à masquer un besoin non exprimé.

Nos 5 conseils pour gérer la mauvaise foi

1. Écouter jusqu’au bout, sans interrompre

Tout d’abord, écoutez votre interlocuteur jusqu’au bout de son discours, sans lui couper la parole, en gardant une attitude neutre et bienveillante. Ceci afin de créer un climat propice à l’échange et afin de lui laisser la possibilité de réhabiliter ses propos.

À éviter : couper la parole, soupirer ou montrer de l’agacement, ce qui renforce la posture défensive.

2. Demander des faits précis avec des questions ouvertes

Ensuite, demandez-lui de préciser factuellement les éléments qu’il avance en utilisant des questions ouvertes, cela vous permettra de le mettre face à ses incohérences et d’identifier son besoin ou ses intentions réelles derrière ses fausses affirmations.

Exemples de questions :

  • « Sur quels éléments vous appuyez-vous ? »
  • « Pouvez-vous me donner un exemple précis ? »
  • « Qu’est-ce qui serait important pour vous dans cette situation ? »

3. Recadrer fermement si la mauvaise foi persiste

Recadrez fermement le débat si la personne en face de vous répète malgré tout sa mauvaise foi, en soulignant ses ambiguïtés voir en fournissant une note à vos supérieurs si elle s’entête.

Exemple de formulation : « Tout à l’heure, vous avez dit X, et maintenant Y. Revenons aux faits : … »

4. Rester factuel, sans jugement moral

Évitez toute forme de débat affectif ou jugement moral afin de, toujours, rester sur des informations concrètes, cela vous permettra d’éviter les critiques en basant uniquement vos réponses sur des propositions constructives.

5. Conclure en actant le désaccord

Enfin, si votre interlocuteur ne sort pas de son scénario, conclure la conversation en verbalisant à l’autre que vous n’êtes pas d’accord avec sa vision des choses et en lui indiquant que vous lui « imposer » votre solution à son problème tant qu’il ne vous en proposera pas une meilleure.

Exemple de formulation : « Je ne partage pas votre vision. Je vous propose donc de procéder ainsi ; si vous avez une meilleure solution, je suis prêt à l’étudier. »

Face à la mauvaise foi, le but n’est pas d’avoir raison à tout prix, mais de ne pas se laisser entraîner sur le terrain de l’autre. Rester factuel, calme et constructif, c’est souvent ce qui finit par désarmer votre interlocuteur. Une posture qui s’apprend, notamment grâce à uneformation à la communication non violente.